Mardi 17 avril (suite)
A peine arrivé sur la place du village de Banaue, Fred nous trouve un super chauffeur, prénommé Ben, propriétaire d'un jeepney flamboyant aux pneus neufs (c'est important pour la suite). Au même moment, Alexia se sent mal : impossible de parler, mal de gorge et de ventre, sans doute le contrecoup des 10 heures de route et l'altitude (1500 m). C'est le moment de prendre un bon petit déj car moi aussi j'ai la tête qui tourne. Départ pour Batad avec le jeepney de Ben sur des routes où la DDE n'est pas passée : cailloux, éboulis, trous, terre, et parfois quelques mètres de route bétonnée (pourquoi???) : le jeepney n'est pas du luxe. Ben nous arrête à chaque point de vue pour prendre des "photo photo", il faut dire que le paysage est magnifique, on aurait presqu'envie de s'arrêter tous les 50 mètres. Ben nous raconte la vie dans les montagnes, et comment il traversait d'un flanc à l'autre des rizières grâce aux escaliers interminables qui serpentent le long des rizières. Pour en profiter au maximum, la plupart d'entre nous grimpe sur le toit du jeepney et s'accroche car ça secoue. Nous arrivons à Junction là où la route s'arrête pour se transformer en une piste , voire en un lit de rivière, qui d'ailleurs est impraticable à la saison des pluies. Heureusement, nous avons choisi la saison sèche et donc, le jeepney avance lentement mais surement. 30 minutes plus tard, nous voilà à Saddle, le sommet tant attendu où la piste s'arrête. Là haut, nous attendent une buvette locale et un marchand de fruits et de batons. Nous dégustons une noix de coco et quelques mangues fraiches avant d'attaquer le trek, et nous louons un bâton pour presque tous (sauf Rémi, le grand randonneur avec le plus gros sac à dos). Catherine préfère prendre un porteur pour son sac. Et c'est parti pour une heure de descente au milieu de la forêt tropicale, aux fougères géantes, aux papillons noires et rouges de la taille d'une main, aux cascades. Le long du chemin, quelques cahutes nous permettent de souffler un peu et de nous rafraîchir, et même de trouver de l'artisanat local : des sculptures en bois tant recherchées par Fred. L'arrivée à Batad est à couper le souffle : nous sommes entourés de montagnes sculptées par l'homme depuis 2000 ans pour cultiver le riz et l'irriguer par des moyens naturels. Nous signons notre passage à l'office du tourisme local, une petite cabane de quelques planches, puis nous descendons vers notre pension via quelques marches inoubliables (presque de la taille de Solène). Le Hillside Inn est l'un des plus beaux hotels du village et pourtant c'est on ne peut plus spartiate malgré la vue imprenable : quatre murs (dont un en tole), deux lits et c'est tout mais on n'y dort bien et au calme ! C'est très beau, mais tellement calme que nous décidons assez rapidement de changer nos plans. Nous devions rester 2 nuits et faire un trek vers les Tapia Falls mais vue la fatigue qui pointe et l'envie de profiter de Banaue, nous choisissons finalement de ne rester qu'une seule nuit et de repartir le lendemain matin à la fraîche (car le trek, cette fois est en côte). La soirée se déroule au calme , repas à oublier et au lit de bonne heure après une "douche" au seau d'eau froide. Chaque fois qu'un cri sortait de la cabane à douche, c'était l'un d'entre nous qui testait la température de l'eau (sauf Chrystèle, habituée aux douches froides...). Je passe l'épisode des toilettes, qui coupe toute envie d'y aller... et la louche en guise de chasse d'eau. Nous rencontrons une vieille mamie cassée par le travail dans les rizières : elle se tient à l'équerre, et continue néanmoins à travailler. Quel courage ! Elle aime aussi piocher dans le riz en train de fermenter pour en faire de l'alcool. Solène est dans son élément : pieds nus, pas lavée, entourée d'animaux : elle a peut être des origines Ifugao ! Allez c'est l'heure de se coucher. Cette nuit a été la plus reposante depuis plusieurs jours, sauf pour Solène qui est tombée du lit.
Mercredi 18 avril
Levée à l'aube avec une vue imprenable depuis le lit. La grandeur des rizières qui nous entourent prend toute son importance ce matin là. Réveil inoubliable dans une pleinitude parfaite. Mais la réalité nous rattrape : le trek nous attend après le petit déj. C'est parti pour la remontée vers les sommets. Nous faisons des haltes régulièrement, et finalement, l'handicap du jour n'est pas celui que l'on attendait : Laurent était bon dernier. Il faut dire qu'il commencait à mourir (d'un rhume...). Nous arrivons au sommet où Ben nous attend avec son jeepney. Nous profitons des fruits bienvenus et partons vers un des plus beaux paysages : Banga An. C'est un village Ifugao accessible à pied uniquement par des marches. Nous y descendons au milieu des rizières en étage que nous touchons de près. Des fleurs rouges agrémentent les rizières : c'est magnifique. Le village est typique : maison d'origine Ifugao avec des têtes d'animaux morts en décoration tout en bois. Ces gens qui n'ont rien sont toujours aussi souriants et accueillants. Dans une maison, des enfants entonnent une chanson de bienvenue et Catherine ne résiste pas à chanter avec eux, et d'esquisser quelques pas. Nous remontons vers le restaurant où Laurent et les jeunes enfants nous attendent. Le repas typique est excellent. Nous partons ensuite pour Banaue à la recherche d'un hotel pour la nuit. Nous commençons par un hotel à côté du musée Ifugao mais celui ci est trop loin du centre. Nous visitons néanmoins le musée et apprenons comment construire une rizière. Là Solène toujours aussi proche des animaux se fait agresser par un chien qui gardait le musée. Plus de peur que de mal, ouf !!! l'hopital est un peu loin...Nous trouvons notre hotel en plein centre de Banaue : une chambre pour les 4 enfants, une pour les 4 parents, et une pour Fred et Joie. L'hotel a une belle vue sur la rivière et les rizières, et le niveau d'équipement est prometteur : eau chaude et toilettes à notre taille. Yes ! Bon, c'était sans compter sur les coqs et la vie nocturne très bruyante : Rémi et Catherine, les handicapés du sommeil, ne ferment pas l'oeil de la nuit. Les enfants non plus : ils nous raconteront le lendemain leur nuit à chasser une bête bruyante (sans doute un énorme cafard qui se cachait dans les murs).
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